Saqqarah en Égypte : l’une des plus grandes merveilles archéologiques
Guide complet : pyramides, tombeaux et sites incontournables
Saqqarah en Égypte : l’une des plus grandes merveilles archéologiques

Guide complet : pyramides, tombeaux et sites incontournables

Qu’est-ce que Saqqarah ?

Saqqarah est l’un des sites archéologiques les plus importants d’Égypte. Située à environ 30 kilomètres au sud du Caire, près de l’ancienne capitale Memphis, cette immense nécropole s’étend sur plusieurs kilomètres et rassemble des monuments couvrant plus de 3 000 ans d’histoire égyptienne, des premières dynasties jusqu’à l’époque copte. Saqqarah fait partie du site UNESCO « Memphis et sa nécropole – les zones des pyramides de Gizeh à Dahchour ». Pour les voyageurs passionnés d’Égypte ancienne, la visite de Saqqarah permet de comprendre comment l’architecture funéraire a évolué avant les grandes pyramides de Gizeh.
Pourquoi visiter Saqqarah ?

Saqqarah offre une expérience archéologique exceptionnelle. Son monument emblématique est la pyramide à degrés de Djéser, considérée comme l’un des premiers grands ensembles monumentaux construits en pierre de taille. La nécropole abrite également des mastabas décorés, des catacombes souterraines, des tombeaux de hauts dignitaires et le musée Imhotep. Souvent moins fréquentée que le plateau de Gizeh, Saqqarah permet d’explorer plus tranquillement plusieurs périodes de l’histoire pharaonique. Les fouilles continuent encore aujourd’hui et de nouvelles découvertes y sont régulièrement annoncées.
Situation géographique et accès à Saqqarah
La zone archéologique de Saqqarah se trouve dans le gouvernorat de Gizeh, sur la rive occidentale du Nil, à environ 30 km au sud du Caire et près de Badrashin. Depuis Le Caire, on peut rejoindre Saqqarah en voiture privée, en taxi ou dans le cadre d’une excursion organisée. Selon la circulation, le trajet prend généralement autour de 45 à 60 minutes. Une excursion à Saqqarah se combine facilement avec Memphis et Dahchour, ce qui permet de découvrir plusieurs étapes essentielles de l’évolution des pyramides égyptiennes au cours d’une même journée.
Les pyramides de Saqqarah : guide des principaux monuments
Saqqarah abrite de nombreuses pyramides appartenant à différentes dynasties de l’Ancien et du Moyen Empire. Ensemble, elles permettent de suivre l’évolution de l’architecture pyramidale égyptienne, depuis les premières expérimentations monumentales jusqu’aux complexes funéraires des dynasties suivantes.
1. Pyramide à degrés de Djéser (vers 2650 av. J.-C.)
Pharaon et dynastie : Djéser, IIIe dynastie. Conçue sous la direction d’Imhotep, la pyramide à degrés de Djéser représente une étape décisive dans l’histoire de l’architecture monumentale en pierre et constitue le grand précurseur des pyramides égyptiennes à faces lisses.
La pyramide à degrés atteint environ 62 mètres de hauteur et présente six niveaux successifs. Son vaste complexe funéraire comprend temples, cours cérémonielles et passages monumentaux. Après une longue campagne de restauration, l’intérieur de la pyramide a rouvert aux visiteurs en 2020. Elle reste aujourd’hui le monument incontournable d’une visite de Saqqarah.
2. Pyramide d’Ounas (vers 2375 av. J.-C.)
Pharaon et dynastie : Ounas, dernier souverain de la Ve dynastie. Modeste vue de l’extérieur, sa pyramide est célèbre pour les Textes des Pyramides inscrits sur les parois de ses chambres intérieures, parmi les plus anciens grands corpus religieux de l’Égypte ancienne.
Les parois des chambres sont couvertes de textes hiéroglyphiques destinés à accompagner le roi dans l’au-delà. Le complexe comprend également un temple funéraire et une longue chaussée décorée qui reliait autrefois les différents éléments du complexe royal.
3. Pyramide de Téti (vers 2345 av. J.-C.)
Pharaon et dynastie : Téti, fondateur de la VIe dynastie. L’intérieur conserve des Textes des Pyramides et fait partie des monuments majeurs de la nécropole.
De l’extérieur, la pyramide apparaît aujourd’hui très ruinée, mais ses espaces intérieurs conservent des éléments remarquables, notamment un sarcophage et des plafonds décorés d’étoiles. Le secteur est entouré de mastabas appartenant à de hauts dignitaires de la VIe dynastie.
4. Pyramide d’Ouserkaf (vers 2498 av. J.-C.)
Pharaon et dynastie : Ouserkaf, fondateur de la Ve dynastie. Sa pyramide se trouve à proximité immédiate du complexe de Djéser et constitue l’un des premiers grands monuments royaux de cette dynastie à Saqqarah.
Le monument est aujourd’hui fortement ruiné. Son complexe funéraire a néanmoins livré d’importants vestiges et sculptures qui contribuent à la connaissance de l’art royal de la Ve dynastie.
5. Pyramide de Djedkarê Isési (vers 2414 av. J.-C.)
Pharaon et dynastie : Djedkarê Isési, souverain de la Ve dynastie. Sa pyramide se situe dans le secteur sud de Saqqarah et est parfois connue localement sous le nom de Haram el-Shawaf.
Bien que la pyramide soit aujourd’hui très endommagée, ses chambres internes et son complexe funéraire restent importants pour les archéologues. Des monuments associés aux membres de la famille royale se trouvent à proximité.
6. Pyramide de Pépi Ier (vers 2332 av. J.-C.)
Pharaon et dynastie : Pépi Ier, VIe dynastie. Son complexe funéraire, appelé Men-nefer-Pépi, est traditionnellement associé à l’origine du nom grec Memphis.
L’intérieur conserve d’importants Textes des Pyramides. Autour du complexe royal, plusieurs pyramides de reines et secteurs funéraires ont été découverts, faisant de cette partie de Saqqarah un espace majeur pour la recherche archéologique.
7. Pyramide de Mérenrê Ier (vers 2283 av. J.-C.)
Pharaon et dynastie : Mérenrê Ier, VIe dynastie. Sa pyramide se trouve près du complexe de Pépi Ier et est aujourd’hui en grande partie ruinée.
Le monument est notamment connu pour la découverte, au XIXe siècle, d’une momie autrefois attribuée au souverain. Les chambres funéraires ont également livré des fragments des Textes des Pyramides.
8. Pyramide de Pépi II (vers 2278 av. J.-C.)
Pharaon et dynastie : Pépi II, VIe dynastie. Son règne fut exceptionnellement long et son complexe funéraire compte parmi les ensembles importants de la fin de l’Ancien Empire.
Le complexe comprend la pyramide royale ainsi que des pyramides associées à plusieurs reines, dont Neith, Ipout II et Oudjebten. Les textes funéraires conservés à l’intérieur constituent une source majeure pour l’étude des croyances royales de cette période.
9. Pyramide d’Ibi (vers 2160 av. J.-C.)
Pharaon et dynastie : Ibi, VIIIe dynastie. Cette petite pyramide appartient à la période de transition qui suit la fin de l’Ancien Empire.
Ses dimensions modestes illustrent les changements politiques et économiques de cette époque. Elle conserve néanmoins des textes funéraires qui témoignent de la continuité des traditions royales.
Mastabas et tombeaux de nobles à Saqqarah
Au-delà des pyramides, Saqqarah est célèbre pour ses mastabas remarquablement décorés. Ces tombeaux rectangulaires conservent des reliefs représentant agriculture, chasse, artisanat, banquets et scènes de la vie quotidienne. Ils constituent l’une des meilleures sources visuelles pour comprendre la société de l’Ancien Empire.
Les principaux mastabas de Saqqarah
Mastaba de Ti (vers 2450 av. J.-C.) : l’un des plus beaux tombeaux privés de l’Ancien Empire. Les reliefs représentent avec une grande finesse des scènes d’agriculture, de chasse, d’artisanat et de vie quotidienne.
Mastaba de Mererouka (vers 2345 av. J.-C.) : l’un des plus vastes mastabas de Saqqarah, avec de nombreuses pièces. Mererouka était vizir sous Téti. Les décorations murales présentent des scènes particulièrement détaillées de la vie de l’Ancien Empire.
Mastaba de Kagemni (vers 2340 av. J.-C.) : tombeau d’un vizir de Téti, célèbre pour ses reliefs représentant animaux, activités quotidiennes, acrobates et scènes de banquet.
Mastaba de Ptahhotep et Akhethotep (vers 2400 av. J.-C.) : tombeau double réputé pour la qualité de ses reliefs animaliers et de ses scènes de la vie quotidienne.
Mastaba de Niânkhkhnoum et Khnoumhotep (vers 2400 av. J.-C.) : célèbre tombeau de deux hauts fonctionnaires de la cour, connu pour ses représentations de musique, de danse, de banquets et pour certaines scènes qui continuent d’alimenter les discussions des chercheurs.
Mastaba de Hésirê (vers 2650 av. J.-C.) : l’un des plus anciens tombeaux privés décorés de la IIIe dynastie, connu notamment pour ses remarquables panneaux de bois.
Mastaba d’Idout (vers 2375 av. J.-C.) : tombeau d’une princesse associé au règne d’Ounas. Ses reliefs très vivants représentent notamment la faune du Nil.
Tombeaux du Nouvel Empire (vers 1550–1070 av. J.-C.)
Tombeau d’Horemheb (vers 1320 av. J.-C.) : construit avant son accession au trône, lorsque Horemheb occupait de hautes fonctions militaires. Ses reliefs comptent parmi les témoignages majeurs de la période post-amarnienne.
Tombeau de Maya (vers 1320 av. J.-C.) : Maya fut notamment trésorier sous Toutânkhamon. Le tombeau conserve des scènes détaillées liées à l’élite du Nouvel Empire.
Tombeau d’Aper-El (vers 1350 av. J.-C.) : tombeau d’un haut dignitaire de la XVIIIe dynastie, remarquable pour les sépultures et le mobilier funéraire découverts dans le complexe.
Tombeau de Tia et Tia (vers 1295 av. J.-C.) : monument de l’époque ramesside connu pour la qualité de ses reliefs et son importance dans la nécropole du Nouvel Empire.
Autres sites incontournables à Saqqarah
Le Sérapéum de Saqqarah : les catacombes des taureaux Apis
Le Sérapéum est l’un des sites les plus impressionnants de Saqqarah. Ce vaste réseau souterrain de galeries et de chambres était consacré à la sépulture des taureaux Apis, animaux sacrés associés au dieu Ptah puis au culte funéraire d’Osiris-Apis. Redécouvert au XIXe siècle par Auguste Mariette, le complexe abrite d’immenses sarcophages de pierre. Parcourir ses galeries offre une expérience très différente de la visite des pyramides en surface.
Le musée Imhotep
Situé près de l’entrée de la zone archéologique, le musée Imhotep porte le nom du célèbre architecte associé à la pyramide de Djéser. Il présente des objets provenant des fouilles de Saqqarah : sarcophages, éléments funéraires, sculptures et autres découvertes archéologiques. Une visite du musée constitue une excellente introduction à l’histoire de la nécropole.
Mastabat el-Faraoun : tombeau de Chepseskaf (vers 2510 av. J.-C.)
Ce monument funéraire inhabituel fut construit pour le pharaon Chepseskaf, dernier souverain de la IVe dynastie. Au lieu d’une pyramide classique, il adopte une forme rectangulaire massive rappelant un gigantesque sarcophage. Peu fréquenté par rapport au complexe de Djéser, Mastabat el-Faraoun est particulièrement intéressant pour comprendre la diversité de l’architecture funéraire royale.
Les pyramides des reines de la VIe dynastie
Autour de plusieurs pyramides royales se trouvent des monuments destinés aux reines, notamment Neith, Ipout I, Ipout II et Oudjebten. Certaines de ces pyramides ont livré des textes funéraires et des chambres décorées qui permettent de mieux comprendre le rôle religieux des femmes de la famille royale.
Tombeau de Niankh-Ptah
Ce tombeau de l’Ancien Empire se distingue par ses reliefs et ses scènes figuratives. Comme plusieurs mastabas de Saqqarah, il apporte de précieuses informations sur les relations sociales, les fonctions administratives et les conventions artistiques de l’époque.
Découvertes archéologiques récentes à Saqqarah
Saqqarah reste l’un des sites archéologiques les plus actifs d’Égypte. Ces dernières années, les missions archéologiques y ont annoncé la découverte de sarcophages, momies, statues, objets funéraires et nouveaux tombeaux. Ces recherches montrent que la nécropole est encore loin d’avoir livré tous ses secrets et expliquent pourquoi Saqqarah continue d’occuper une place centrale dans l’actualité de l’égyptologie.
Informations pratiques pour visiter Saqqarah
Horaires : les horaires d’ouverture et les zones accessibles peuvent évoluer. Vérifiez les informations officielles avant votre visite.
Meilleure période : d’octobre à avril pour profiter de températures généralement plus agréables. Une arrivée matinale permet aussi de visiter dans de meilleures conditions.
Durée de visite : prévoyez plusieurs heures pour découvrir les principaux monuments. Les passionnés d’archéologie peuvent facilement consacrer une journée entière à Saqqarah.
Conseils : prévoyez des chaussures confortables, de l’eau et une bonne protection solaire. Les règles concernant la photographie et l’accès à certains tombeaux peuvent varier.
Conclusion : pourquoi Saqqarah est incontournable lors d’un voyage en Égypte
Saqqarah est bien plus qu’un ensemble de pyramides : c’est une véritable archive de la civilisation égyptienne. De la pyramide à degrés de Djéser aux Textes des Pyramides d’Ounas, en passant par les mastabas de Ti et de Mererouka, chaque secteur révèle une étape différente de l’histoire de l’Égypte ancienne. Pour un séjour au Caire consacré aux pyramides et à l’archéologie, Saqqarah mérite clairement une place aux côtés de Gizeh, Memphis et Dahchour.